Accueil
Télécharger
Salon d'écoute
Actualités
Sorties Cd & Dvd
Concerts/Festivals
Confidences
Artistes Référencés
Prochaines Parutions
Par ou commencer?
Blues
Soul
Vous simplifier la vie
Les Trésors d'Après J.C.
Albums conseillés
Discographies
DVD/Blu-ray
Vidéos
Galerie Blues & Soul
Photos
Ma Boutique
Forum
Radios
Glossaire
Remarques/Suggestions
Contactez-moi
Liens & Partenaires
Télécharger Real Player
Télécharger QuickTime

Artiste:

Eddie KING

né Edward Lewis Davis MILTON le 21 avril 1938 à Talladega, Alabama.

Album: Another Cow's Dead

Enregistré en avril 1997.

Publié en juin 1997.

Label: Roesch Records

12 titres

Durée: 51 min. 42'                Cote: A

lire l'article sur: Eddie KING                                                voir aussi: VidéosAlbum Photos

retour accueil:

      Les Trésors d'Après J.C .     

                                     Vous êtes dans la catégorie:                                    

Le Jardin Secret

 

 

 

 

 

 

Eddie KING - Another Cow's Dead 

 

Enregistrement: avril 1997 - Première parution: juin 1997 -
Label : Roesch Records 

Personnel : Eddie King (chant, guitare), Tim Dehuff (guitare), Roger Young (piano, orgue), Lou Marini (saxophone ténor), Alan Rubin (trompette), Birch Johnson (trombone), Ronnie Cuber (saxophone baryton), Scott Spray (basse), Joe Roesch (batterie)


Vous écoutez "How Long Are You Going To Be Gone"

- interrompre ce lecteur avant d'écouter d'autres extraits -

La pochette ne fait pas l’album. Et c’est heureux pour Eddie King dont l’art de terrasser les vaches fait l’objet d’une oeuvre picturale apte à rebuter l’amateur de passage. A moins que cette nouvelle tentative d’attirer l’attention - après celle qui l’avait vu tardivement troquer un « Milton » trop anonyme contre un ”King” autrement plus parlant – n’illustre tout simplement un certain penchant pour les coups désespérés.

 

Affublé par dessus le marché du titre improbable “une vache morte de plus” et enregistré sur un label totalement obscur, propriété commune du batteur de la session et d’une danseuse du ventre, on mesure l’ampleur du handicap. Et du même coup la signification que prend alors la désignation de cet album comme meilleur “come back” de l’année aux W.C Handy Awards 1998.

 

Voici donc cinquante deux minutes de blues supérieur, mi Chicago mi texan d’esprit, soul dans l’âme, parfaitement ficelé et qui, ainsi arrangé aux petits oignons, démontre qu’au cours des carrières les plus discrètes des moments de pure euphorie sont toujours possibles.

 

Cela dit, et avant même ce coup d’éclat, le CV d’Eddie King était loin d’être ridicule. Vingt années passées aux côtés de la grande Koko Taylor vous posent un guitariste. Cela aurait pu signifier que le garçon était doué mais effacé. Là encore les apparences s’avèrent trompeuses car, comme cet album le prouve, Eddie King n’a pas peur de monter au créneau pour assurer le spectacle.                         lire la suite ci-dessous

Ecouter

1. Kitty Kat

2. Angel of Mercy

3. I Like the Feeling

4. Yonders Wall

5. Another Cow Dead Tonight

6. How Long Are You Going to Be Gone

7. Walk Right on In

8. Never Loved a Woman

9. Losing Boy

10. Pocketful of Blues

11. (If Loving You Is Wrong) I Don't Want to Be Right

12. Hey Mr. Bluesman

(extraits des 12 titres disponibles)

Acheter l'album

 

la suite:

 

 “Another Cow’s Dead” dévoile non seulement un guitariste d’une rare aisance mais révèle aussi un compositeur – sept des douze titres sont  signés par lui – et surtout un chanteur totalement convaincant.

 

Il faut enfin souligner le travail d’orfèvre de Lou Marini, tête pensante des Blues Brothers Horns - pour l’occasion renforcés par Ronnie Cuber au saxophone baryton – qui officient avec maestria derrière la guitare d’un King qui n’aura donc jamais été aussi proche de se faire un prénom.

Sur des paroles pleines d’humour, “Kitty Kat“ ouvre franchement les festivités. L’intro flirte avec Elmore James et le groove invite d’entrée de jeu à frapper dans les mains, ce qui augure de bons moments à venir. Il n’est pas nécessaire de tenter des comparaisons - où alors juste pour dire que c’est du côté de B.B que ce sang royal là pourrait avoir pris source  – car la guitare d’Eddie se suffit à elle-même. Souple et vive, le grain bien rond, jamais à cours de déliés spectaculaires comme de riffs effilés, on la sent rompue aux fonds de salle encombrés de Chicago. C’est d’ailleurs sur ce morceau propice à secouer un auditoire qu’Eddie King entame volontiers une excursion au milieu du public, histoire de faire le tour du propriétaire. Quant aux Blues Brothers Horns, il suffit de dire qu’ils ne semblent pas venus là pour faire de la figuration. Les rangs sont serrés et ça balance dru tout autour des chorus à répétition du leader.

 

On passe directement de la poussée de fièvre du samedi soir à une extase de dimanche matin avec l’intro gospel, tendue comme un prêche, du “Angel of Mercy” d’un autre roi,  prénommé Albert. Une version très réussie, où la ferveur affleure sous les cuivres, lesquels libèrent, en saccades successives, des chorus aux accents appuyés. Sous cet effet de houle, le morceau prend imperceptiblement le large, alternant plages collectives majestueuses et solos flamboyants.

 

Retour à une pulsation compacte sur «  I Like the Feeling”, titre punchy, tancé par des cuivres briqués qui font bouillir une excellente marmite funky, à la surface de laquelle vient surnager, de temps à autre, le saxo baryton viril de Ronnie Cuber. King montre ici sa versatilité vocale, en “shouter” totalement convaincant.

Kitty Kat

 

 

I Like the Feeling

On peut mesurer l’habileté d’un guitariste au temps qu’il lui faut pour mettre une mélodie sur rail. Sur le “Yonders Wall” d’Elmore James il ne faut pas plus de trois mesures à Eddie King pour toucher la cible. Une version originale, truffée de bonnes idées, comme ce solo de basse onctueux et un chorus graisseux à souhait du maître des lieux. Il y a aussi le piano totalement débridé d’un Roger Young en parfaite osmose.

Eddie King & Lil' Ed Williams

Comme on pouvait l’espérer, “Another Cow Dead Tonight” n’a rien d’un hymne cow-boy. Ce slow blues aux canons classiques raconte l’éternelle frustration mâle sur un fond travaillé de trémolos cuivrés et de touches délicates de piano. Il fournit un excellent prétexte à Eddie King pour quelques découpages ciselés façon Albert Collins, ou de longs sustains aériens en survol au-dessus du souffle chaud des Brothers.

 

Continuant à diversifier les angles, Eddy King attaque ensuite un mid tempo, histoire de démontrer que sa guitare ne craint pas les changements de surface. C’est réussi et sur “How Long Are You Going to Be Gone” on le retrouve tout aussi à l’aise, entrelardant de chorus compacts et tranchants les riffs soigneusement lustrés par Marini et sa bande.

Et puisqu’on parle chorus, on a aussi droit à un duo de guitare. Ca se passe sur “Walk Right on In” avec les manches également enflammés de King et de Tim Dehuff. Les deux se renvoient la balle tout au long et ça se termine au coude à coude, à la façon des frères Allman.

 

C’est un nouvel arrangement imaginatif qui permet à “Never Loved a Woman” de maintenir la tension. Breaks, changements de rythme, riffs bien dégagés sur les côtés, chorus en contretemps, tout concourt ici à l’intensité d’un titre qui met une nouvelle fois en valeur la science de l’articulation de la section de cuivres et la qualité de la sous-couche d’orgue.

Et il sera dit que ce King là mélange avec un égal bonheur les couleurs blues, rhythm & blues et soul. Avec une guitare qui se montre à la hauteur dans tous les registres. Comme sur l’excursion soul de “Losing Boy”, guidée par l’orgue omniprésent de Roger Young. Un titre profond mais au déhanchement léger, servi tout au long par une superbe tonalité de cordes.

 

L’album reprend de la vitesse sur “Pocketful of Blues”. La section rythmique, irréprochable d’un bout à l’autre d’un album qu’elle propulse constamment vers l’avant, joue les pousse au crime et les licks de guitare s’enchaînent avec brio, comme si Eddie King savait qu’il n’aurait pas de si tôt une autre occasion de montrer l’étendue de son savoir faire. Un drive sans faille, propre à faire décoller bien avant le bout de la piste.

 

Alors bien sûr la décélération qui s’en suit s’avère du meilleur effet. On entre dans «  (If Loving You Is Wrong) I Don't Want to Be Right” comme on se coule dans un bain chaud après une journée agitée. Belle ouvrage vraiment que ce blues qui ressasse, d’un timbre voilé assorti au climat ambiant, l’état des âmes adultères sur fond d’arpèges clairs et de basse cotonneuse.

Enfin “Hey Mr. Bluesman”, tendance Southern, versant Wilson Pickett, avec un solo de sax à l’ancienne servi sur un coulis d’orgue. Une dernière gorgée bourrée de saveurs pour boucler un album décidemment remarquable.

 

Une vraie galette de Roi !

© texte J.C. LEGROS pour Abc Blues & Soul. Janvier 2010

retour haut de page

   retour: Les trésors d'après J.C.

  lire l'article sur: Eddie KING     

 

                                             

Vous êtes leème visiteur.