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|  | Artiste: | Taj MAHAL né Henry Saint Clair Fredericks le 17 mai 1942 à New York, dans le quartier de Harlem. |  | Album: The Natch'l Blues Enregistré entre mai et octobre 1968. Publié le 23 décembre 1968. Label: Columbia/Legacy 12 titres Durée: 49'03 Cote: A | 
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| | Taj MAHAL - The Natch'l Blues - Enregistrement: entre mai et octobre 1968 - Première parution: le 23 décembre 1968 - Label : Columbia/Legacy Personnel : Taj Mahal (chant, guitare, harmonica), Jesse Edwin Davis (guitare, piano), Gary Gilmore (basse), Chuck Blackwell, Earl Palmer (batterie), Al Kooper (piano).
Vous écoutez "Going up to the Country, Paint My Mailbox Blue" - interrompre ce lecteur avant d'écouter d'autres extraits - | On est en 1968. Si Taj Mahal n’a pas décroché pour partir vivre d’élevage dans un coin du Massachussetts, son premier album a déjà amorcé, quelques mois plus tôt, un joyeux saut régressif dans l’histoire de la musique américaine. Une collection de vieilleries encadrant quelques blues nouveaux mais patinés, le tout joué à l’ancienne, parfois même au rabot, avec comme seul luxe un son à régaler les générations post Teppaz. Contre toute attente, l’objet est passé aperçu. C’est donc un Taj Mahal conforté dans ses intentions qui s’installe au printemps dans les studios de Columbia. Il a de l’enthousiasme et des idées. Ca tombe bien. Car même si l’époque n’est pas encore au chacun chez soi, il faut quand même réussir à tenir ensemble une suite de titres qui visitent vingt bonnes années de musique afro américaine. « The Natch’l Blues » fait le tour de l’horizon bleu, avec une fraîcheur de ton qui tourne à nouveau le dos aux saturations lourdes du moment. Pourtant, s’il fait toujours vibrer le résonateur de sa National Steel de quelques sonorités country blues radicales, Taj Mahal reste cette fois à portée des airs du temps. Il faut dire qu’on le trouve, à plusieurs reprises, accompagné par un combo dûment électrifié, au sein duquel le trop méconnu Jesse Edwin Davis et le déjà célèbre Al Kooper font preuve d’une modernité parfaitement comprise. Le résultat est un patchwork aux couleurs chaudes, un album plein de contrastes mais d’une grande unité. Un happy blues extraverti, aux vertus doucement euphorisantes et dont le charme, au fil des écoutes, ne semble jamais devoir s’estomper. C’est avec une relaxe très jazzy que "Good Morning Miss Brown" dépose son swing tranquille sur un fond de blues naturel. La National de Taj Mahal prend la tête d’un accompagnement bien organisé autour de la basse très en relief de Gary Gilmore et du piano en discret contrepoint d’Al Kooper. lire la suite ci-dessous |
| | Ecouter | | 1. Good Morning Miss Brown | | 2. Corinna | | 3. I Ain't Gonna Let Nobody Steal My Jellyroll | | 4. Going Up To The Country, Paint My Mailbox Blue | | 5. Done Changed My Way Of Living | | 6. She Caught The Katy And Left Me A Mule To Ride | | 7. The Cuckoo | | 8. You Don't Miss Your Water ('Til Your Well Runs Dry) | | 9. Ain't That A Lot Of Love | | 10. The Cuckoo (Alternate Version) | | 11. New Stranger Blues (Bonus Track) | | 12. Things Are Gonna Work Out Fine (Bonus Track) |
(extraits des 12 titres disponibles) | Acheter l'album | |
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| la suite: Taj Mahal a hérité de son père - qui arrangeait pour Benny Goodman et Ella Fitzgerald - l’art d’accommoder des ingrédients tous simples pour en faire de délicieuses gourmandises. Sur "Corinna", titre traditionnel éculé s’il en est, cela donne une version totalement régénérée par le mariage rustique d’une syncope appesantie, soulignée à la charleston, avec une combinaison guitare piano électrique d’un dépouillement lumineux. I Ain't Gonna Let Nobody Steal My Jellyroll | Sur "I Ain't Gonna Let Nobody Steal My Jellyroll », Mahal concocte un plat encore plus proche du Delta. Le piano débranché ajoute sa touche bastringue et on retrouve la nonchalance chaloupée du morceau introductif, cette façon de marquer gravement le temps mais d’en alléger l’effet par des pincées harmoniques joliment timbrées, jetées ici et là, dans un désordre bien pensé. |  | On quitte la campagne pour respirer un peu l’air du Chicago d’après-guerre sur "Going Up to the Country, Paint My Mailbox Blue". La rythmique et l’usage du riff collectif tirent même jusque du côté du West Side. Une sensation que l’harmonica, calé dans l’arrière plan, vient doucement accentuer. Ce titre de Taj Mahal deviendra un de ses standards et l’occasion en concert de solos captivants, à commencer ici même par la démonstration tirée au cordeau, nerveuse à souhait d’un Jesse Ed Davis bien campé sur ses appuis.
 | Taj Mahal livre ensuite une nouvelle illustration de son art singulier de l’imagerie musicale. C’est ainsi que fonctionne "Done Changed My Way of Living", un country blues fouetté par une cymbale primitive qui aiguillonne une brassée de timbres soigneusement assemblés. Au départ, un simple riff, emprunté au « Forty Four » d’Howlin’ Wolf, que Mahal fait tourner en rond jusqu’à dessiner un véritable espace circulaire, à l’image de ces manèges anciens et de leurs montures bigarrées – ici les instruments - qui tournent, disparaissent et reviennent, montent et descendent sur leurs pistons hydrauliques bien huilés, sans jamais se gêner, dans un ensemble soigneusement ordonné.
A partir de "She Caught the Katy (And Left Me a Mule to Ride)", l’album commence à se rapprocher des ambiances de son époque. Ce vieux titre de Yank Rachel se trouve même carrément ressuscité par la virtuosité du seul jeu de l’harmonica de Mahal. "The Cuckoo" confirme et marque même un durcissement de style, piochant encore plus nettement dans les sons, mi blues mi rock, de cette fin des sixties. Tous les musiciens tirent dans ce sens, autour de la basse de Gary Gilmore qui a pris les choses en main. On pense au meilleur du groupe « Free », cette forme de nonchalance tendue et d’extrême parcimonie harmonique à l’étrange pouvoir persuasif. |
Sans prévenir, c’est un virage soul, en plein territoire Stax, que propose « You Don't Miss Your Water ('Til Your Well Runs Dry)". Une nouvelle fois, la spontanéité de l’exécution balaie les craintes que pourraient susciter une telle embardée. Tous les ingrédients sont parfaitement réunis, y compris les cuivres livrés en lentes coulées fiévreuses autour de la voix saturée de Mahal, qui, quand elle croise quelques vrilles de piano, touche aux confins gospel d’un Ray Charles. Presque plus vrai que du vrai.
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| On reste du côté de Memphis et d’Otis Redding, sur un riff à la « Gimme Some Lovin’ » du Spencer Davis Group, pour "Ain't That a Lot of Love" qui brandit la guitare soudain urgente de Jesse Edwin Davis qui aura fait, tout au long de l’album, étalage d’un classe à toute épreuve. |  |
Trois bonus viennent compléter la version CD sortie en 2000. Et pour une fois la pratique débouche sur une vraie bonne surprise avec trois occasions de goûter de plus près encore l’excellent travail de lead guitar de Jesse Davis . D’abord une prise alternative de « Cuckoo », au tempo un peu plus rapide et qui fait la part belle à la guitare. Puis le slow « New Stranger Blues" dont l’ambiance alourdie façon Allman Brothers enserre une ligne électrique au feeling exacerbé. Enfin l’instrumental « Things Are Gonna Work Out Fine , sur lequel l’harmonica de Taj Mahal vient constamment caresser les courbes enchaînées par le guitariste.
Un disque à écouter toutes fenêtres ouvertes, quelle que soit la saison !
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